martes, septiembre 17, 2019

Jules Barbey d’Aurevilly / La amante pelirroja














Tomé un día, como dueño, dura amante,
más fiera que un jaguar, más roja que un león.
Ardiente, duramente la amaba, sin ternura,
con posesión la amaba, no con adoración.
¡Era ella mi ardor! La última locura
que atrapa, al ser tocado por edad y desgracia,
y se siente, en el fondo, la juventud perdida…
Pues el sol de los días sube aún en la vida,
y en el corazón se posa.

¡La amaba yo! Jamás tenía suficiente.
“Demonio -le decía- de los amores últimos,
infernal salamandra, de mortal ebriedad,
siempre abrázame, pues son tan frías las almas…
Derrámame en tus fuegos, los fuegos que lamento,
bellos fuegos que, antes, al mirar encendía.
Al soñador haz joven, recalienta al poeta.
Y, pues hay que morir, que muera yo, ¡oh Fillette!,
por tus felinos mordiscos.

Entonces, la tomaba de su corsé de vidrio
sobre mi labio en llamas, que ella inflamaba más,
amaba yo inclinarla, copa ardiente y ligera,
veneno dentro de oro, pelirroja belleza.
¡Y eran los besos…! Jamás, jamás vampiro
chupó el cuello de un niño, encantador y fresco,
como yo lo chupaba, mi pelirroja hetaira,
el labio de cristal donde bebía locura,
y sobre el que ardías tú.

Y entonces sentía yo tu fulminante aliento,
que por el mío pasaba y caía en mi corazón,
borrando allí la pena, la vida redoblaba,
por algunos instantes reavivando el ardor.
Así, Niña de Fuego, amante sin rival,
amaba yo sentirme incendiado por ti,
dormir quería -pálida frente, clara faz-,
sobre una brillante hoguera, cual Sardanápalo,
¡y la hoguera estaba en mí!

“Ah, -yo me decía- al menos, nos permanece fiel,
y mi mano siempre la reencontraba, siempre
lista para quien la ama y vive sediento de ella,
y perder busca en su amor a todos sus amores”.
Se van ellas un día, amantes queridísimas…
Por ellas, del Olvido bebemos el veneno,
mientras mi pelirroja, indómita a caricias,
matarnos también puede, ¡a fuerza de ebriedades
pero no por la traición!

Y yo la prefería, feroz, pero sincera,
a esas dulces bellezas, de engañosa sonrisa,
que pagan las lealtades con mentiroso amor…
¡Sabía yo que dormía sobre tal corazón!
El oro derramado, que doraba mi vida,
soleciendo en mi copa, verdadero tesoro,
era, pero jamás para un rato de orgía:
para la eternidad la había elegido yo:
mi amiga hasta la muerte.

Siempre prendida a mí, siempre como una esclava,
-mas el tirano se ata a los hierros que impone-,
por doquier la llevaba, en su frasco de lava,
mi topacio de fuego a punto de explotar…
Yo sentía por ella un amor de corsario,
un amor de salvaje, desenfrenado, ardiente,
tal como el que Hegesipo tenía en su miseria,
el que reemplaza todo, al ser la vida amarga,
y que a Sheridan mató.

Era éste cada vez un amor más implacable,
cada vez más insano y más devorador.
Era como la sed, la sed inexorable
que encendía de Circe en otro tiempo el filtro.
¡Te reconozco yo, voluptuoso suplicio!
Cuando, ¡ay!, el hombre busca en males olvidados
del embrutecimiento la monstruosa delicia…
Y no es -¡Circe!- suficiente jamás, a su capricho,
la Bestia que tus pies lame.

Último y pobre amor, que los felices del mundo
se divierten marchitando en su asco altanero,
mas que debe excusar toda alma profunda
y que un Dios de bondad no querrá castigar.
Para bien apreciar su dulzura engañosa,
cuando todo reluce en el banquete, sería
necesario esconder sus ojos en la sombra
del vaso, y llorado en la sombra, y bebido
lágrima amarga, disuelta.

Una tarde, en silencio, yo bebí dicha lágrima…
Y, al sumergir mi labio en tus labios de oro,
de gustar acababa, ¡oh mi oscura Demencia!,
la ironía y la ebriedad, la valentía incluso.
Águila vengadora el Alma, que en la vida
planea, volvía a mi labio, a su sangrante percha…
Yo iba a recomenzar mi acceso de locura
y de nuevo a reír con desafiante risa…
cuando, de corsé negro,

una mujer, creí que mujer era,
¡después caí en la cuenta cuánto me equivocaba!
Era un ángel, y también era un alma,
hecha de luz y paz, y de restauración.
Entre todos nosotros, encantadora y sola,
tenía los ojos llenos de las piedades todas.
Tomó sus guantes blancos, y dentro de mi vaso
los puso y dijo riendo, con su voz dulce y clara:
“No quiero ya que bebas”.

Y decidió mi vida esa simple palabra,
y fue el golpe de Dios, que cambió mi destino.
Y al decirlo, segura de ser obedecida,
apoyaba su mano castamente en su mano.
Y desde el tiempo aquel fui a buscar la ebriedad
por ahí, no en la copa donde hervía tu veneno,
solitaria hechicera, ¡mi pelirroja amante!
Bello ejemplo de Dios que en su sapiencia puso
sobre el demonio al ángel.

París, 11 de noviembre de 1854

Jules Barbey d’Aurevilly (Saint-Sauveur-le-Vicomte, Francia, 1808-París, 1889), Periódico de Poesía, Universidad Autónoma de México (UNAM), 9 de septiembre, 2019
Versión de Mauricio López Noriega

Club de Pensadores - Cervantes Virtual - France Culture


La Maîtresse rousse

Je pris pour maître, un jour, une rude maîtresse,
Plus fauve qu’un jaguar, plus rousse qu’un lion!
Je l’aimais ardemment, âprement, sans tendresse,
Avec possession plus qu’adoration!
C’était ma rage, à moi! la dernière folie
Qui saisit, — quand, touché par l’âge et le malheur,
On sent, au fond de soi, la jeunesse finie…
Car le soleil des jours monte encor dans la vie,
Qu’il s’en va baissant dans le coeur!

Je l?aimais et jamais je n?avais assez d’elle!
Je lui disais: “Démon des dernières amours,
Salamandre d’enfer, à l’ivresse mortelle,
Quand les cœurs sont si froids, embrase-moi toujours!
Verse-moi, dans tes feux, les feux que je regrette,
Ces beaux feux qu’autrefois j’allumais d’un regard!
Rajeunis le rêveur, réchauffe le poète,
Et puisqu’il faut mourir, que je meure, ô Fillette!
Sous tes morsures de jaguar!”

Alors, je la prenais, dans son corset de verre,
Et sur ma lèvre en feu, qu’elle enflammait encor,
J’aimais à la pencher, coupe ardente et légère,
Cette rousse beauté, ce poison dans de l’or!
Et c’étaient des baisers !… Jamais, jamais vampire
Ne suça d’une enfant le cou charmant et frais
Comme moi je suçais, ô ma rousse hétaïre,
La lèvre de cristal où buvait mon délire
Et sur laquelle tu brûlais!

Et je sentais alors ta foudroyante haleine,
Qui passait dans la mienne et, tombant dans mon coeur
Y redoublait la vie, en effaçait la peine,
Et pour quelques instants en ravivait l’ardeur !
Alors, Fille de Feu, maîtresse sans rivale,
J’aimais à me sentir incendié par toi
Et voulais m’endormir, l’air joyeux, le front pâle,
Sur un bûcher brillant, comme Sardanapale,
Et le bûcher était en moi!

“Ah ! du moins celle-là sait nous rester fidèle, —
Me disais-je, — et la main la retrouve toujours,
Toujours prête à qui l’aime et vit altéré d’elle
Et veut, dans son amour perdre tous ses amours!”
Un jour elles s’en vont, nos plus chères maîtresses;
Par elles, de l’Oubli nous buvons le poison,
Tandis que cette Rousse, indomptable aux caresses,
Peut nous tuer aussi, — mais à force d’ivresses,
Et non pas par la trahison!

Et je la préférais, féroce, mais sincère,
A ces douces beautés, au sourire trompeur,
Payant les coeurs loyaux d’un amour de faussaire!…
Je savais sur quel coeur je dormais sur son coeur!
L’or qu’elle me versait et qui dorait ma vie,
Soleillant dans ma coupe, était un vrai trésor!
Aussi, ce n’était pas pour le temps d’une orgie,
Mais pour l’éternité que je l’avais choisie:
Ma compagne jusqu’à la mort!

Et toujours agrafée à moi comme une esclave,
Car le tyran se rive aux fers qu’il fait porter,
Je l’emportais partout dans son flacon de lave,
Ma topaze de feu, toujours près d’éclater!
Je ressentais pour elle un amour de corsaire,
Un amour de sauvage, effréné, fol, ardent!
Cet amour qu’Hégésippe avait dans sa misère,
Qui nous tient lieu de tout, quand la vie est amère,
Et qui fit mourir Sheridan!

Et c’était un amour toujours plus implacable,
Toujours plus dévorant, toujours plus insensé!
C’était comme la soif, la soif inexorable
Qu’allumait autrefois le philtre de Circé!
Je te reconnaissais, voluptueux supplice!
Quand l’homme cherche, hélas! dans ses maux oubliés,
De l’abrutissement le monstrueux délice…
Et n’est — Circé! — jamais assez, à son caprice,
La Bête qui lèche tes pieds!

Pauvre amour, — le dernier, — que les heureux du monde,
Dans leur dégoût hautain, s’amusent à flétrir,
Mais que doit excuser toute âme un peu profonde
Et qu’un Dieu de bonté ne voudra point punir!
Pour bien apprécier sa douceur mensongère,
Il faudrait, quand tout brille au plafond du banquet,
Avoir caché ses yeux dans l’ombre de son verre,
Et pleuré dans cette ombre, — et bu la larme amère
Qui tombait et qui s’y fondait!

Un soir, je la buvais, cette larme, en silence…
Et, replongeant ma lèvre entre tes lèvres d’or,
Je venais de reprendre, ô ma sombre Démence!
L’ironie, et l’ivresse, et du courage encor!
L’Esprit — l’Aigle vengeur qui plane sur la vie —
Revenait à ma lèvre, à son sanglant perchoir…
J’allais recommencer mes accès de folie
Et rire de nouveau du rire qui défie!…
Quand une femme, en corset noir,

Une femme… je crus que c’était une femme,
Mais depuis… Ah! j’ai vu combien je me trompais!
Et que c’était un ange, et que c’était une âme,
De rafraîchissement, de lumière et de paix!
Au milieu de nous tous, charmante Solitaire,
Elle avait les yeux pleins de toutes les pitiés.
Elle prit ses gants blancs, et les mit dans mon verre,
Et me dit, en riant, de sa voix douce et claire:
“Je ne veux plus que vous buviez!”

Et ce simple mot-là décida de ma vie,
Et fut le coup de Dieu, qui changea mon destin.
Et quand elle le dit, sûre d’être obéie,
Sa main vint chastement s’appuyer sur ma main.
Et, depuis ce temps-là, j’allai chercher l’ivresse
Ailleurs… que dans la coupe où bouillait ton poison,
Sorcière abandonnée! ô ma Rousse Maîtresse!!!
Bel exemple de plus que Dieu, dans sa sagesse,
Mit l’Ange au-dessus du démon!

Paris, 11 novembre 1854

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lunes, septiembre 16, 2019

Jorge Enrique Adoum / Sunday bloody sunday













Vallejo sabe que también es bocón el sepulcro del domingo
lagartamente tragón de lo que entonces es nosotros
el resto de monigote zarandeado entre semana
el sueño con que nos postergamos o nos disminuimos
esta desactividad de postvivo acostumbrado
a los quién sabe los cómo los qué pena

el mundo es desde hace años un domingo de tarde
la estación de donde cada vez regresas a lo que eres
los aeropuertos donde se me-nos acaban los que quedan
donde dios está en todas partes puro eco
de ese bisílabo que me duele adentrísimo

(domingamente bocabajo bajo qué boca
te le estarás muriendo a alguien despacito)

menos mal que desde el lunes se piensa en otra cosa

Jorge Enrique Adoum (Ambato, Ecuador, 1926-Quito, 2009), "Prepoemas en postespañol" [1979], Breve antología, selección y prólogo de Vladimiro Rivas Iturralde, Material de Lectura n° 60, Universidad Autónoma de México (UNAM), 2009

Fundación Jorge Enrique Adoum - Letralia - Círculo de Poesía - A Media Voz
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domingo, septiembre 15, 2019

Tatiana Oroño / De "El alfabeto verde"

















Opciones

Me inclino a recoger
el mundo y las marcas
en el estuario llano
del baño.
En los senos prosaicos
de una bañera.

En mis brazos se agrupan
los maderos las jarcias
el cordaje sinuoso y serpentino
de un corsario vencido.

En mi delantal vuelven
a la vida cabelleras y enaguas de muñecas vacías
jirón y pedrería
ensortijada
                 y pura
y cristalina.

Yo divido las aguas.

Los signos y humedades de la tierra
y el aire
que hasta mis manos suben
jugando
a perpetuarse.


Transferencias

Yo no me atrevo, madre
a mirar a los ojos
profundos de tu infancia.
A los ojos menudos
de tu infancia salobre.

Yo no quiero mirarte
las trencitas agrestes
ni las calcetas flojas
la basta tela que te viste
ni las flores de esparto y mansedumbre que
te cubren.

Yo sólo quiero ver
a la mujer alegre a la nudosa y diurna
mujer de manos vivas.

Yo quiero verte limpia
como ayer, para siempre
de dolores que enturbien
tu solar transparente.

Tatiana Oroño (San José, Uruguay, 1947)

El alfabeto verde,
Editorial Lisboa,
Buenos Aires, 2019 /
Ediciones de la Balanza,
Montevideo, 1979







Editorial Lisboa - Escritores Org - Poéticas - Espacio Latino - Telemundo - Lapislázuli - Festival de Poesía de Medellín
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Foto: Emisora del Sur

sábado, septiembre 14, 2019

Elvira Hernández / Dos poemas

















Siempre leo noticias en los diarios

                        Para José Luis Mangieri

Una vez vi que la cabeza de Lenin se había
subido al piano y tocaba todas las teclas.
Después la vi por el suelo. Se cayó.

He visto páginas en blanco, ojos en blanco,
estómagos y cerebros en blanco, ningún
glóbulo blanco, hombres de blanco, blanqueos
al por mayor y mucha gente levantando bandera blanca.

Hojeo de ojeada. Paso por los puzzles,
los consejos caseros, los horóscopos.

No veo ningún artículo sobre el azar del espacio
y el Zar del Tiempo.


Quiero que la crítica diga
que mi poesía es del sur realista-austral
neorrealista como un ladrón de bicicletas
y el realismo mi única imaginación

también que a veces siento que el realismo
corrompe mi pretendida realidad

Elvira Hernández (Lebú, Chile, 1951), Ginebra Magnolia, 25 de junio de 2018

Otra Iglesia Es Imposible - Memoria Chilena - Universidad de Chile - Eterna Cadencia - EFE
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© Elvira Hernández, de los poemas
© Álvaro Hoppe Guíñez, de la fotografía

viernes, septiembre 13, 2019

Dante Alighieri / Infierno, Canto vigésimo primero


















Así, de puente en puente, hablando
de cosas que a mi Comedia no la ocupan,
fuimos, y alcanzamos la cima cuando

paramos para ver la otra fisura
de Malebolge y los otros llantos vanos;
y la vi, maravillosamente oscura.

Como en el arsenal de los venecianos
bulle en invierno la pez tenaz
para reparar los barcos averiados

que no pueden navegar; y a la vez
uno hace su barco nuevo, otro calafatea
los costados del que hizo más viajes;

quien recorre la proa, quien la popa;
otros hacen remos, otros retuercen sogas;
quien trinquete y artimón retoca,

tal, no por fuego, sino por divinas artes,
bullía allá abajo una pez espesa
que se pegaba a la orilla en todas partes.

Yo miraba, pero no veía en ella
más que borbotones que el hervor alzaba,
e hincharse toda, y caer prieta.

Mientras allá fijamente miraba,
mi duca, diciendo: "¡Cuidado!",
me atrajo hacia sí de donde estaba.

Me volví, como el que se demora
en ver aquello de lo que conviene irse,
y a quien súbita pavura debilita

y luego, por mirar, ya no se retrasa:
y vi, tras de nosotros, un diablo negro
venir corriendo por encima de la roca.

¡Ah, qué feroz era su aspecto
y cuán en el acto me pareció acerbo,
con alas abiertas, sobre sus pies ligeros!

Su hombro, que era agudo y soberbio,
cargaba un pecador con ambas ancas,
de quien tenía, de los pies, asido el nervio.

Desde el puente dijo: "¡Oh Malebranche,*
aquí va uno de los viejos de Santa Zita!
Llévalo abajo, que vuelvo a buscar otro

"a esa tierra, que me sé tan bien provista:
todos son estafadores, salvo Bonturo;
del 'no', por el dinero, allí hacen 'ita'".**

Abajo lo tiró, y por el peñasco duro
se volvió; y jamás fue un mastín suelto
a seguir un ladrón con tanto apuro.

Aquel se hundió, y emergió convulso,
pero los demonios resguardados en el puente,
gritaron: "¡Este no es el lugar del Santo Rostro!

"¡Aquí se nada distinto que en el Serchio!
Si no quieres saber de nuestros garfios,
no te asomes de la resina demasiado."

Después de pinchar con más de cien arpones,
dicen: "Cubierto conviene que aquí bailes,
de modo que, si puedes, ocultamente robes."

No distintamente los cocineros a sus ayudantes
hacen sumergir en medio de la caldera
la carne con los ganchos para que no flote.

Y el buen maestro: "A fin de que no sepan
que tú estás aquí", me dijo", "te ocultas
tras una roca que algún abrigo ofrezca;

"y por ninguna ofensa que me sea hecha
debes temer, que tengo cosas vistas
y otra vez estuve en refriega parecida."

Enseguida pasó del puente a la otra orilla,
y cuando llegó a la sexta bolsa,
menester le fue mostrar frente segura.

Con la ferocidad y con la borrasca
con que salen los perros sobre el pobrecito
que de pronto mendiga donde para,

salieron del puente los demonios
y contra él volvieron los arpones;
pero les gritó: "¡No se atreva ninguno!

"Antes que cualquier gancho me toque,
venga adelante uno que me oiga
y después decidan si deben escardarme."

Todos gritaron: "¡Que vaya Malacoda!" ***
Uno se movió entre los otros, quietos,
y fue hacia él diciendo: "¿Qué te trae?"

"¿Crees, Malacoda, que podrías
verme aquí", dijo mi maestro,
"a salvo de todas estas armas

"sin voluntad divina y hado diestro?
Déjame ir, que en el cielo es querido
que yo enseñe a otro este camino."

Entonces quedó su orgullo tan caído
que dejó rodar el gancho a tierra,
y les dijo a los demás: "No sea herido".

Y el duca mío a mí: "¡Oh tú, que estás
tras las rocas del puente, acurrucado,
seguramente a mí puedes acercarte!"

No bien yo me moví hacía él, rápido,
los diablos se echaron todos adelante,
y temí que rompieran lo pactado.

Así vi yo temer a los infantes
que salían tras el pacto de Caprona,
viéndose rodeados de rivales.

Yo me pegué con toda mi persona
a mi duca, y no sacaba la mirada
de la cara de ellos, nada buena.

Movían los ganchos y: "¿Quieres que lo pinche
en las ancas?", se decían el uno al otro,
Y respondían: "Sí, que se le frunza."

Pero el demonio que parlamentaba
con mi duca, se volvió súbitamente
y dijo: "¡Quieto, quieto, Scarmiglione!"

Luego nos dijo: "Ir muy lejos
por aquí no se puede, porque yace
todo roto, en el fondo, el arco sexto.

"Y si seguir adelante aún les place,
más bien vayan por aquí, por esta gruta;
cerca hay otro escollo, que consiente.

"Ayer, cinco horas pasada esta hora,
mil doscientos sesenta y seis años
se cumplieron de que se hundió la vía. ****

"Yo mando allá a varios de los míos
a vigilar si alguno no se airea:
vayan con ellos, no les harán nada.

"Adelante, Allichino y Calcabrina", *****
comenzó a decir, "y tú, Cagnazzo,
y Barbariccia que guíe la decena.

"Libicocco va también, y Draghignazzo,
Ciriatto, el dientudo, y Graffiacane,
y Farfarello y Rubicante, el loco.

"Vigilen en torno del hirviente pan;
estos lleguen salvos al siguiente escollo
que va sobre las otras madrigueras."

"¡Ay, maestro, ¿qué estoy viendo?",
dije yo. "Sin escolta andemos solos
si tú sabes ir; yo no la demando.

"Si eres tan prudente como sueles,
¿no ves que rechinan con los dientes
y que el entrecejo amenaza males?"

Y él a mí: "No quiero que te espantes,
déjalos que rechinen cuanto quieran:
lo hacen por los que están en el aceite."

Por el lado izquierdo dieron vuelta;
pero antes cada uno apretó la lengua
con los dientes, como seña hacia su duca;
y este hizo del culo una trompeta.

Dante Alighieri (Florencia, Italia, 1265-Rávena, Italia, 1321)
Traducción de Jorge Aulicino

La Divina Comedia,
Ediciones Lom,
Santiago de Chile, 2018

[Notas del traductor:]

* Se traduce como "malas garras".

** En los antiguos documentos públicos, anotación afirmativa. Todo este pasaje alude a los escribanos de Luca, cuya patrona es Santa Zita y donde se venera el Santo Rostro.

*** Significa "mala cola".

**** Alude a la muerte de Cristo: "y la tierra tembló y las rocas se partieron" (Mateo, 27:52). Ubica la fecha en que sucede este Canto y de aquí se deduce todo el tiempo de ficción de la Comedia.

***** Los nombres de los demonios significan: Allichino: que hace inclinar a otros; Calcabrina: que pisa el rocío; Cagnazzo: perro malo; Barbariccia: barba crespa; Libiocco: lividinoso; Draghignazzo: dragón ponzoñoso; Ciriatto: jabalí; Grafficcane: perro que araña; Rubicante: inflamado (siguiendo las notas de Cristóforo Laudino, siglo XV). Farfarello puede significar espíritu maligno o loco [no hay acuerdo de los comentaristas].

Ref.:
LOM
Puerto de Ideas
Dardanelos
Prefacios a los Cantos de la Comedia
El Mercurio

Imagen: Andrea da Bonaiuto, Basilica Santa María Novella, Florencia, siglo XIV

Canto XXI

Così di ponte in ponte, altro parlando
che la mia comedìa cantar non cura,
venimmo; e tenavamo ’l colmo, quando

restammo per veder l’altra fessura
di Malebolge e li altri pianti vani;
e vidila mirabilmente oscura.

Quale ne l’arzanà de’ Viniziani
bolle l’inverno la tenace pece
a rimpalmare i legni lor non sani,

ché navicar non ponno - in quella vece
chi fa suo legno novo e chi ristoppa
le coste a quel che più vïaggi fece;

chi ribatte da proda e chi da poppa;
altri fa remi e altri volge sarte;
chi terzeruolo e artimon rintoppa -:

tal, non per foco ma per divin’arte,
bollia là giuso una pegola spessa,
che ’nviscava la ripa d’ogne parte.

I’ vedea lei, ma non vedëa in essa
mai che le bolle che ’l bollor levava,
e gonfiar tutta, e riseder compressa.

Mentr’io là giù fisamente mirava,
lo duca mio, dicendo "Guarda, guarda!",
mi trasse a sé del loco dov’io stava.

Allor mi volsi come l’uom cui tarda
di veder quel che li convien fuggire
e cui paura sùbita sgagliarda,

che, per veder, non indugia ’l partire:
e vidi dietro a noi un diavol nero
correndo su per lo scoglio venire.

Ahi quant’elli era ne l’aspetto fero!
e quanto mi parea ne l’atto acerbo,
con l’ali aperte e sovra i piè leggero!

L’omero suo, ch’era aguto e superbo,
carcava un peccator con ambo l’anche,
e quei tenea de’ piè ghermito ’l nerbo.

Del nostro ponte disse: "O Malebranche,
ecco un de li anzïan di Santa Zita!
Mettetel sotto, ch'i' torno per anche

a quella terra, che n’è ben fornita:
ogn’uom v’è barattier, fuor che Bonturo;
del no, per li denar, vi si fa ita".

Là giù ’l buttò, e per lo scoglio duro
si volse; e mai non fu mastino sciolto
con tanta fretta a seguitar lo furo.

Quel s’attuffò, e tornò sù convolto;
ma i demon che del ponte avean coperchio,
gridar: "Qui non ha loco il Santo Volto!

qui si nuota altrimenti che nel Serchio!
Però, se tu non vuo’ di nostri graffi,
non far sopra la pegola soverchio".

Poi l’addentar con più di cento raffi,
disser: "Coverto convien che qui balli,
sì che, se puoi, nascosamente accaffi".

Non altrimenti i cuoci a’ lor vassalli
fanno attuffare in mezzo la caldaia
la carne con li uncin, perché non galli.

Lo buon maestro "Acciò che non si paia
che tu ci sia", mi disse, "giù t’acquatta
dopo uno scheggio, ch’alcun schermo t’aia;

e per nulla offension che mi sia fatta,
non temer tu, ch’i’ ho le cose conte,
perch’altra volta fui a tal baratta".

Poscia passò di là dal co del ponte;
e com’el giunse in su la ripa sesta,
mestier li fu d’aver sicura fronte.

Con quel furore e con quella tempesta
ch’escono i cani a dosso al poverello
che di sùbito chiede ove s’arresta,

usciron quei di sotto al ponticello,
e volser contra lui tutt’i runcigli;
ma el gridò: "Nessun di voi sia fello!

Innanzi che l’uncin vostro mi pigli,
traggasi avante l’un di voi che m’oda,
e poi d’arruncigliarmi si consigli".

Tutti gridaron: "Vada Malacoda!";
per ch’un si mosse - e li altri stetter fermi -
e venne a lui dicendo: "Che li approda?".

"Credi tu, Malacoda, qui vedermi
esser venuto", disse ’l mio maestro,
"sicuro già da tutti vostri schermi,

sanza voler divino e fato destro?
Lascian’andar, ché nel cielo è voluto
ch’i’ mostri altrui questo cammin silvestro".

Allor li fu l’orgoglio sì caduto,
ch’e’ si lasciò cascar l’uncino a’ piedi,
e disse a li altri: "Omai non sia feruto".

E ’l duca mio a me: "O tu che siedi
tra li scheggion del ponte quatto quatto,
sicuramente omai a me ti riedi".

Per ch’io mi mossi e a lui venni ratto;
e i diavoli si fecer tutti avanti,
sì ch’io temetti ch’ei tenesser patto;

così vid’ïo già temer li fanti
ch’uscivan patteggiati di Caprona,
veggendo sé tra nemici cotanti.

I’ m’accostai con tutta la persona
lungo ’l mio duca, e non torceva li occhi
da la sembianza lor ch’era non buona.

Ei chinavan li raffi e "Vuo’ che ’l tocchi",
diceva l’un con l’altro, "in sul groppone?".
E rispondien: "Sì, fa che gliel’accocchi".

Ma quel demonio che tenea sermone
col duca mio, si volse tutto presto
e disse: "Posa, posa, Scarmiglione!".

Poi disse a noi: "Più oltre andar per questo
iscoglio non si può, però che giace
tutto spezzato al fondo l’arco sesto.

E se l’andare avante pur vi piace,
andatevene su per questa grotta;
presso è un altro scoglio che via face.

Ier, più oltre cinqu’ ore che quest’otta,
mille dugento con sessanta sei
anni compié che qui la via fu rotta.

Io mando verso là di questi miei
a riguardar s’alcun se ne sciorina;
gite con lor, che non saranno rei".

"Tra’ ti avante, Alichino, e Calcabrina",
cominciò elli a dire, "e tu, Cagnazzo;
e Barbariccia guidi la decina.

Libicocco vegn’oltre e Draghignazzo,
Cirïatto sannuto e Graffiacane
e Farfarello e Rubicante pazzo.

Cercate ’ntorno le boglienti pane;
costor sian salvi infino a l’altro scheggio
che tutto intero va sovra le tane".

"Omè, maestro, che è quel ch’i’ veggio?",
diss’io, "deh, sanza scorta andianci soli,
se tu sa’ ir; ch’i’ per me non la cheggio.

Se tu se’ sì accorto come suoli,
non vedi tu ch’e’ digrignan li denti
e con le ciglia ne minaccian duoli?".

Ed elli a me: "Non vo’ che tu paventi;
lasciali digrignar pur a lor senno,
ch’e’ fanno ciò per li lessi dolenti".

Per l’argine sinistro volta dienno;
ma prima avea ciascun la lingua stretta
coi denti, verso lor duca, per cenno;

ed elli avea del cul fatto trombetta.

jueves, septiembre 12, 2019

Carla Diacov / La venus de willendorf tiene...













la venus de willendorf tiene
la capacidad abierta y usada desde siempre
dicen especialistas
la venus de willendorf
era usada en ritos de fertilidad
pequeña usable
era usada como amuleto era
usada como objeto de limpieza abyecto
introducido en la
capacidad de las venus ordinarias era
usada como peso para sostener puertas abiertas
era usada para revolver alimentos ritualísticos
era usada en el hervor de los alimentos más corrientes
usada en la tierra era plantada antes de los alimentos
usada dispersor de aromas se ponían gotas
de aceite de corteza de árbol corriente en la capacidad
de la venus de willendorf
que ahí quedaba para uso del recinto
la venus de willendorf era usada
dicen los especialistas
usada para machacar hierbas
usada para amplificar la pequeñez
de las demás venus
todas corrientes
usada para ablandar
carnes relaciones cueros discusiones
pues basta mirar a la venus de willendorf
notable pequeña usable
hoyendía los especialistas usan
a la venus de willendorf
en sus especialidades
la venus de willendorf jamás dejó de ser usada

Carla Diacov (São Bernardo do Campo, Brasil, 1975) Hablar de Poesía n° 38, Buenos Aires, 2018
Versión de Paula Abramo

Ref.:
Carla Diacov
Ruído Manifesto
Forum
Caliban
Medium
Pernambuco

Foto: Poetry Translation Center


[…a vênus de willendorf tem…]

a vênus de willendorf tem
a capacidade aberta e usada desde sempre
especialistas dizem
a vênus de willendorf
era usada em ritos de fertilidade
pequena usável
era usada como amuleto era
usada como objeto de limpeza abjeto
introduzido na
capacidade das vênus ordinárias era
usada como peso de segurar porta aberta
era usada para mexer alimentos ritualísticos
era usada na fervura dos alimentos mais ordinários
usada na terra era plantada antes dos alimentos
usada bolota aromatizadora pingava-se
óleo de casca de árvore ordinária na capacidade
da vênus de willendorf
que ficava ali ao uso do recinto
a vênus de willendorf era usada
dizem os especialistas
usada como socador de ervas
usada como amplificadora da pequenez
das outras vênus
todas ordinárias
usada para amaciar
carnes relações couros discussões
pois basta olhar para a vênus de willendorf
notável pequena usável
hojendia os especialistas usam
a vênus de willendorf
em suas epecialidades
a vênus de willendorf jamais deixou de ser usada

https://hablardepoesia.com.ar/2018/12/11/carla-diacov-un-pulso-primitivo/

miércoles, septiembre 11, 2019

Marcelo Leites / De "Adentro y afuera"


Cuerpo y alma.

X

Las luces se van apagando.
El bar se va vaciando de gente.
Las mujeres con vistosos vestidos
de noche, hacen tintinear sus alhajas
y terminan de contonear sus cuerpos
agitados por el baile.
Después se van yendo
una a una.
También los hombres se van.
Y los mozos.
Al fin, no queda nadie.
Tomás el último trago en la barra
con el dueño del bar.
Beben sin hablar.
Y sin mirarse.
Afuera la noche es oscura,
sin estrellas
y el sol parece muy lejano.

No estamos hechos para mirar
esa luz de frente.



El río pasa, lleva, algo nos deja y algo se va (*)

a JA

               Como un amor que se estrangula a sí mismo,
               así es el río...
               El amor no se tolera a sí mismo.
                                Poema 24, El río, Jorge Aulicino

El río sigue corriendo continuamente
y no sólo no es el mismo río,
sino que nosotros también cambiamos,
vamos perdiendo cosas, envejecemos.
La hipálage funciona muy bien en esos versos,
somos nosotros quienes lo estrangulamos,
los que no somos capaces de hacerlo durar.

Quizá lo que nos deje el río sean reminiscencias:
una danza de cabellos, el murmullo del agua,
el horizonte que se acercaba junto al sol,
el olor a rocío que venía del monte,
los pájaros de fondo y esos instantes
en que pudimos mirarlo juntos, extasiados,
en la orilla,
en la orilla del mundo.

¿Este río es el río
o es una cinta de sueño que va hacia la muerte? (**)

El amor sigue corriendo como el río,
hasta que llega un día en que se rebalsa
y arrasa con todo, no deja ni los sedimentos:
cambia de objeto o de desembocadura.

Sí, la intolerancia es una de las razones;
el hastío, la desidia, la impasibilidad.
Pero mientras tanto ¿cuántas cosas
significativas pasaron a ser insignificantes?
¿Cuánto tiempo lleva estrangular del todo
un amor
y que se borren las huellas indelebles
marcadas con bisturí en nuestro cuerpo?


(*) La isla, canción litoraleña, Chacho Müller.
(**) El agua y la noche, Juan L.Ortiz.

Marcelo Leites (Concordia, Argentina, 1963)

Adentro y afuera,
Barnacle,
Buenos Aires, 2019









Ref.:
Autores de Concordia
Barnacle
Ediciones en Danza
1 Poeta 10 Preguntas
Op. Cit.
Alpialdelapalabra
Laurentino
Noticias de Entre Ríos
Otra Iglesia Es Imposible

Foto: Eurasia

martes, septiembre 10, 2019

Eugenio Montale / El dolor de vivir muchas veces he encontrado














El dolor de vivir muchas veces he encontrado:
fue el estrecho torrente que se agita,
fue el enrollarse de la hoja
seca, fue el caballo desplomado.

No conocí otros bienes salvo el prodigio
que brinda la divina Indiferencia:
fue la estatua en la somnolencia
del mediodía, y la nube, y el halcón en las alturas.

Eugenio Montale (Génova, Italia, 1896-Milán, Italia, 1981), Ossi di seppia, Piero Gobetti Editore, Turin, 1925
Traducción de Guillermo Boido (1941-2013), El Mundo Incompleto, 28 de noviembre de 2013

Otra Iglesia Es Imposible - El Placard - UNAM - Círculo de Poesía - Ginebra Magnolia  - Eterna Cadencia


Spesso il male di vivere ho incontrato

Spesso il male di vivere ho incontrato:
era il rivo strozzato che gorgoglia,
era l'incartocciarsi della foglia
riarsa, era il cavallo stramazzato.

Bene non seppi, fuori del prodigio
che schiude la divina Indifferenza:
era la statua nella sonnolenza
del meriggio, e la nuvola, e il falco alto levato.
---

lunes, septiembre 09, 2019

W. H. Auden / Blues de la Muralla Romana















Sobre el brezo sopla el viento húmedo,
tengo piojos en la túnica y un catarro de nariz.

La lluvia cae del cielo tamborileando,
soy un soldado de la Muralla, no sé por qué.

La niebla se arrastra sobre la dura y gris piedra,
mi chica está en Tungria; duermo solo.

Aulus anda merodeando su casa,
no me gusta su conducta, no me gusta su cara.

Piso es un cristiano, venera a un pez;
si de su voluntad dependiese, no existirían los besos.

Ella me dio un anillo pero lo perdí a los dados;
quiero a mi chica y quiero mi paga.

Cuando sea un veterano con un solo ojo
no haré otra cosa que mirar el cielo.

W. H. Auden (York, Inglaterra, 1907-Viena, 1973), Collected Short Poems, Faber & Faber, Nueva York, 1966
Versión de Jonio González

Nota del Traductor
En 1937 Auden recibió en encargo de la BBC (a través de su amigo John Pudney, productor de la emisora), de escribir un texto para un programa en torno a la Muralla Romana. Entre septiembre y octubre de ese año, Auden trabajó en la sinopsis y Benjamin Britten en la música (contra la opinión de muchos ejecutivos de la emisora, que consideraban a Britten demasiado joven e inexperto). El programa fue emitido el 25 de noviembre de 1937 en un espacio de la BBC para la región noreste de Inglaterra. Auden nunca publicó el texto completo, pero reescribió la canción "Over the heather the wet wind blows" ("Sobre el brezo sopla el viento húmedo") con el título "Roman Wall Blues" y publicó la versión en su libro Another Time (Random House, Nueva York, 1940). Tras su muerte, entre sus papeles se descubrieron tres estrofas de una canción titulada "Song of the Legions". Para más información al respecto, véase Plays and Other Dramatic Writings by W. H. Auden, Edward Mendelson, ed., Princeton University Press, Nueva Jersey, 2019. (J. G.)

Poets Org
Interesting Literature
UNAM
El Cultural
A Media Voz
El País
Letras Libres
Ñ
Otra Iglesia Es Imposible

Foto: W. H. Auden, 1967, © Cecil Beaton Studio Archive, Sotheby's London/National Portrait Gallery UK

domingo, septiembre 08, 2019

Diego Colomba / De "Blanco a la cal"














La humildad nunca es elegida

Ahora
que el sol
quema
en el porlan
me mandan
a la sombra
del galpón.

Qué nítidos
se ven
los demás
desde lo oscuro.

Cómo se mueven
de un lado
a otro.

Qué ganas
ciegas
de vivir.


Una lectura tendenciosa de Fitzgerald

Si yo leo
tu genio
—tus fugas
tus alcoholes
tus nostalgias—
no es
que quiera
parecerme
a vos
en nada.

Lo que yo
quiero saber
es cómo
piensa
una cabeza
—una brizna
de hierba—
sin rostro.

Diego Colomba (San Nicolás, Argentina, 1972)

Blanco a la cal,
Universidad Autónoma del Estado de México, 2019










Diego Colomba - Círculo de Poesía - Op. Cit. - La Voz - Solo Tempestad

Foto: Diego Colomba en Facebook

sábado, septiembre 07, 2019

Concha García / Dos poemas














Ya no queda nada de todo aquello 

Cuando la casa estaba cerrada
y en el almanaque no se tachaban
los días, las horas, a veces,
eran largas en el sofá,
una vida burguesa, solo pensando
en las galletas, en el contorno
del cuerpo, en la habitación
un poco más azulada, en los
territorios conquistados, tantos
amores, una subida de sueldo,
complacida de esperar
la llamada de alguien
para la cena, una charla
que no puedes recordar
la vida no regresa.
Tú estás dentro. ¿Dentro?

de Las proximidades, Calambur, Madrid, 2013


1

Se replegó el cielo, abrieron el área
de recreo, nos detuvimos ante la hilera de hamacas
orientadas a poniente, azules
a rayas blancas,
emergían pensamientos
objetos, palos, banderas, cofres,
y peces hacia una dirección
demasiado familiar, flotó el papel
donde el poema.
Quisimos que el viaje
no acabara.
Todo se movía.

de El día anterior al momento de quererle, Calambur, Madrid, 2016

Concha García (La Rambla, España, 1956)

Otra Iglesia Es Imposible

---
Foto: Vaconfirma

viernes, septiembre 06, 2019

Tarjei Vesaas / Sueño sobre puentes nevados















La nieve cae ahora con mayor intensidad,
La manga blanca de tu abrigo se vuelve blanca.
La manga de mi abrigo se vuelve blanca.
Están entre nosotras como
puentes nevados.
Pero los puentes nevados están helados.
Aquí dentro hay vida y calor.
Debajo de la nieve tu brazo cálido
es un dulce peso sobre el mío.
Nieva sin cesar
sobre puentes silenciosos.
Puentes que nadie conoce.

Tarjei Vesaas (Vinje, Noruega, 1897-Oslo, 1970), El palacio de hielo, Bruguera, Barcelona, 2007
Traducción de Kirsti Baggethun y Asunción Lorenzo
Envío de Jonio González

Ref.:
Bruguera
Biblioteca Fandom
Poetas Siglo XXI
Hacienda Glamorosa
Tuerto Rey

Foto: Rolf Chr. Ulrichsen/NTB

jueves, septiembre 05, 2019

Alberto Girri / De "Playa sola", 6

























Ascensión de Alva

A menudo,
como marfil caliente y obligado,
camino y manoteo en un mar esencialmente pretérito
cuya población son flores gastadas
que yo atrapo.
Entonces (fastidioso entonces),
hay pedazos de vida sin mayor solemnidad,
y arrodillados como barcos náufragos
me visitan suaves parturientas.
Entonces te veo,
te veo, Alva, color de aceituna,
aún eres el hebreo por parte de madre,
existes realmente,
orgulloso de tu rol histriónico: Fedra, Volpone.
Orgulloso,
porque tu madre apenas hablaba español,
y comía bombones de violetas, y a los quince años
pintó una gitana.
Te veo,
quieren perforar esa dejadez constituida
que es muy tuya,
lejana como tu reclinatorio.

En cuanto a mí, tú sabes que soy distinto,
cultivo lo paulatino, lo que no tiene defensa,
acodado en las ciudades y adorando
el pelo salobre de cualquier muro.
Entre puentes de nervios,
trapos, hollín, la porfiada pereza,
y bastante silencio.

Alberto Girri (Buenos Aires, 1919-1991), "Playa sola" (1946), Obra poética I, Corregidor, Buenos Aires, 1977

Analecta Literaria - A Media Voz - Eterna Cadencia - Lo que se Escribe - Universidad Complutense de Madrid - El Placard - La Nación - Clarín - Palabra Virtual (audio) - Otra Iglesia Es Imposible
---
Foto: Alberto Girri por Sara Facio s/f

miércoles, septiembre 04, 2019

Edward Hirsch / Cómo será la última tarde














Estás sentada al lado de una pequeña ventana salediza
en un café vacío junto al mar.
Anochece, y el dueño se dispone a cerrar,
a pesar de que aún estás inclinada sobre la estufa,
que lentamente va perdiendo calor.

Ahora caminas hacia la orilla
para contemplar los últimos restos de azul en las olas.
Has vivido en casas pequeñas, espacios angostos-
las paredes se estrechaban en torno a ti-
pero el mar y el cielo también eran tuyos.

No hay nadie alrededor para beber contigo
de la líquida niebla, oscuras profundidades.
Estás sola con el cosmos que gira.
Adiós, amor, lejano, en un lugar cálido.
Aquí la noche no tiene fin, el silencio infinito.

Edward Hirsch (Chicago, Estados Unidos, 1950), The Living Fire: New and Selected Poems, Alfred A. Knopf, Nueva York, 2010
Versión de Jonio González

Otra Iglesia Es Imposible - Edward Hirsch, poet - Letras Libres - Kriller 71 - Vallejo & Co.


WHAT THE LAST EVENING WILL BE LIKE

You're sitting at a small bay window
in an empty café by the sea.
It's nightfall, and the owner is locking up,
though you're still hunched over the radiator,
which is slowly losing warmth.

Now you're walking down to the shore
to watch the last blues fading on the waves.
You've lived in small houses, tight spaces—
the walls around you kept closing in—
but the sea and the sky were also yours.

No one else is around to drink with you
from the watery fog, shadowy depths.
You're alone with the whirling cosmos.
Goodbye, love, far away, in a warm place.
Night is endless here, silence infinite.

© Edward Hirsch
---

martes, septiembre 03, 2019

Alberto Girri / De "Homenaje a W. C. Williams", 4




S. S. describe a un melancólico

Lo cataloga como torpe y lento,
uno que tiende
a exagerar su lentitud, torpeza,
y no obstante dueño de sombrío
poder de atracción saturnina,
el encanto
de los que denotan arrastrar
grandes fervores, sólo que brumosos,
añorados,
la singularidad
de que en él tiempo y espacio
obran como corriente única, cauce
sosteniéndolo de presente a futuro
por el ancho espacio con desvíos,
vueltas en redondo, intersecciones.

Pero qué si agregara
que la melancolía bien puede
transformarse en hedonismo;
qué de esquivar
los ojos cuando lo miran a los ojos,
hacer una diversión, placentero
confundir a quienes lo aborden,
socarrones contagios
de sus expectativas
colmadas de ansiedad.

Pero qué, todavía.
Que acaso su hedonismo encierre
una sutil maniobra de acercamiento,
¡todos terminando por compartir
la mesa de los melancólicos,
todos melancólicos!

Pero qué,
¿la melancolía como misericordia?

Alberto Girri (Buenos Aires, 1919-1991), "Homenaje a W. C. Williams", 1981, Obra Poética IV, Ediciones Corregidor, Buenos Aires, 1984
---
Ilustración: Melancolía, 1895, Edvard Munch

Enrique Lary / Canzoneta

[clic sobre la foto para ampliarla]



















[Tango]

La Boca... Callejón... Vuelta de Rocha...
Bodegón... Genaro y su acordeón...

Canzoneta, gris de ausencia,
cruel malón de penas viejas
escondidas en las sombras del figón.
Dolor de vida... ¡Oh mamma mia!...
Tengo blanca la cabeza,
y yo siempre en esta mesa
aferrado a la tibieza del alcohol.

Cuando escucho O sole mio,
senza mamma e senza amore,
sento un freddo qui nel cuore,
que me llena de ansiedad...
Será el alma de mi mamma,
que dejé cuando era niño.
¡Llora, llora, O sole mio,
yo también quiero llorar!

La Boca... Callejón... Vuelta de Rocha...
Ya se van Genaro y su acordeón...

¡De mi ropa, qué me importa
si me mancho con las copas
que derramo en mi frenético temblor!
Soñé a Tarento en mil regresos,
pero sigo aquí, en la Boca,
donde lloro mis congojas
con el alma triste, rota, sin perdón.

[1951]

Enrique Lary (s/d-1970), Todo Tango
---
Foto: George Carpenter, inmigrantes italianos, c.1899. Wikimedia Commons

Nota en Wikimedia a esta foto:
Immigrants being transported on horse-drawn cart in Buenos Aires, Argetina. Carpenter's Geographical Reader: South America (1899) informed readers that “Buenos Aires is by far the largest Spanish-speaking city of the world; it is more than three times the size of Madrid, the largest city of Spain. Still, most of its people are foreigners. Not more than one fifth of them were born in the country. There are more Italians than native Argentines in Buenos Aires, and at least one hundred thousand of its citizens have come here from Spain.”
[Inmigrantes transportados en carro tirado por caballos en Buenos Aires, Argentina. Carpenter's Geographical Reader: South America (1899) informó a los lectores que “Buenos Aires es, con mucho, la ciudad de habla hispana más grande del mundo; es más de tres veces el tamaño de Madrid, la ciudad más grande de España. Aún así, la mayoría de sus habitantes son extranjeros. No más de una quinta parte de ellos nacieron en el país. Hay más italianos que argentinos nativos en Buenos Aires, y al menos cien mil de sus ciudadanos han venido aquí desde España ”.]

Arnaut Daniel / La brisa amarga




















I

La brisa amarga aclara los bosques frondosos
que la dulce espesa con hojas,
y a los alegres picos de los pájaros en las ramas
los tiene balbuceantes y mudos, solos y en pareja,
por lo que me esfuerzo en hacer y decir placeres
a muchos, por ella, que me dejó cabeza abajo,
de lo que temo morir si mi sufrir no cesa.

II

Fue tan clara mi primera luz al escoger
a aquella por quien el corazón en los ojos cree,
que no valen dos angevines los secretos mensajes
de otra. Poco se iluminan mis plegarias,
pero me complace oír deseos,
dulces palabras sin queja, de ella que tanto me agrada
que a su servicio estoy de los pies a la cabeza.

III

¡Amor, ten cuidado! ¿Soy bienvenido?
Porque temo mostrar, si me rechazas,
tales diez pecados que es mejor que cedas;
porque soy fiel amante, valioso y constante,
pero el corazón firme fuerte me hace ocultar muchas verdades,
que con tanta nieve, necesito un beso para el ardiente
corazón refrescar, pues para esto no sirve otro bálsamo.

IV

Si me ampara aquella a quien rindo tributo,
que es castillo de mérito, y recibe
estos callados ruegos que adentro tengo agolpados,
muy claros se le volverán mis pensamientos:
porque estaría muerto, pero me hace soportar la espera
que le ruego me abrevie, que sólo esto me tiene alegre y dichoso,
pues gozar del placer de otras cosas no me vale una manzana.

V

Dulce cara de cualidades todas deseadas,
soportar debo por vos muchas arrogancias,
pues sois meta de todas mis locuras,
por las que he padecido muchos rumores; y las burlas
no me desvían de vos, ni me alejan las riquezas,
que nunca amé nada tanto con menos jactancia,
antes bien, os deseo más que a Dios el de Doma.

VI

Ahora prepárate a entregar
canto y música al rey que te dará amparo,
pues el Mérito, seco aquí, allí es doble
y el dar y el comer perduran.
Con alegría ve y mira su anillo si lo levanta,
que nunca estuve cerca de Aragón que no quisiese
ir de un salto, pero aquí me han llamado: ¡quédate!

VII

Hecho está el acuerdo: que el corazón mire todas las noches
a aquella a quien cortejo sin rival, yo, Arnaut,
que en otro pensar no esfuerzo al máximo mi intención.

Arnaut Daniel (Ribérac, Aquitania, Francia, c.1150-c.1210)
Versión de Jorge Salvetti y Darío Rojo

Ref.:
Buenos Aires Poetry
I Malpensanti
La Voz
Medievalia
Bibliothèque Occitane de l'Escòla Gaston Febus
Otra Iglesia Es Imposible

Imagen: Página de un cancionero provenzal del siglo XIII Bibliothèque Nationale de France/Wikimedia Commons


I

L’aur’amara    fa.ls bruels brancutz
clarzir,             que.l dous’espeis’ab fuelhs,
e.ls letz            becx dels auzels ramencx
te balbs e mutz,          pars     e non-pars,
per que m’esfortz       de far e dir      plazers
a manhs per lei            qui m’a virat bas d’aut,
don tem morir             si l’afans no m’asoma.

II

Tan fo clara     ma prima lutz
d’eslir              lei don cre.l cors los huelhs,
non pretz         necx   mans dos angovencx
d’autra. S’eslutz         rars      mos preiars:
pero deportz   m’es ad auzir              volers;
bos motz segrei           de lieis don tan
 m’azaut
qu’al seu servir           sui del pe tro c’al coma.

III

Amors, guara!             Sui be vengutz?
Cauzir             tem far, si.m dezacuelhs,
tal detz                       pecx,   que t’es mielhs que.t trencx,
qu’ieu sui fis drutz,    cars      e non vars;
ma.l cors ferms fortz              me fai cobrir   mainhs vers,
qu’ap tot lo nei,          m’agr’ops un bais al caut
cor refrezir,     que no.i val autra goma.

IV

Si m’ampara,              silh que.m trautz,
d’aizir             qui es de pretz capduelhs,
dels quetz       precx               qu’ai dedins a rencx
l’er for rendutz           clars     mos pensars:
qu’ieu fora mortz,       mas fa.m suffrir          l’espers
que.lh prec que.m brei,           qu’aisso.m te let e baut,
que d’als jauzir           no.m val jois una poma. 

V

Doussa car’a   totz aips volgutz,
sofrir   m’er per vos manhs erguelhs,
quar etz           decx    de totz mos fadencx
don ai manhs brutz     pars;    e guabars
de vos no.m tortz        ni.m fai partir  avers,
c’anc non amei           ren tan a mens d’ufaut,
ans vos dezir   plus que Dieu silh de Doma. 

VI

Ara.t para,       chans e condutz,
formir  al rei qui te recuelhs,
quar Pretz,      secx     sai, lai es doblencx,
e mantengutz  dars     e manjars:
de joi la.t portz.          Son anel mir    si.l ders,
qu’anc non estei         jorn d’Araguo que.l saut
no.i volgues ir;            mas sai m’an clamat: roma!

VII

Fait es l’acortz:           que.l cor remir totz sers
lieis cui dompnei,       ses parsonier Arnaut,
qu’en autr’albir           n’esfort m’entent’a soma.

cf. Martín de Riquer, Los trovadores. Historia literaria y textos, Ariel, Barcelona, 2011

lunes, septiembre 02, 2019

Guillermo Boido / De "Veinticinco poemas"




5

Las noches y la noche. Y los nombres
que mienten y el jadeo del tiempo.

Ni duda ni certeza: el alba
es un delirio de la noche.

Ni duda ni certeza: la palabra
es un mal sueño del silencio.

Las noches y la noche. Aquí se apuestan
estos signos vacíos con la muerte.


10

La vida es un árbol cuyas ramas
crecen hacia adentro.

Así, la vida
devuelve a la tierra
vida. Así,
en la raíz de todos los caminos
la vida renuncia a ser vida.

Y emprende, cantando con la tierra,
el único camino.


12

Como silencio que se enciende y arde,
la vida se quema, se alumbra
con su propia llama.

Las palabras lo saben cuando callan:
la vida es el único nombre de la vida.

Guillermo Boido (Buenos Aires, 1941-2013), Veinticinco poemas, El Lagrimal Trifurca, Rosario, Argentina, 1983
---
Foto: Archivo, s/d

domingo, septiembre 01, 2019

Ezra Pound / Sandalphon


















El ángel de la oración de acuerdo con el Talmud permanece inmóvil
entre los ángeles del viento y del fuego, quienes mueren cuando
se termina su única canción, y mientras él reúne las oraciones ellos
se convierten en flores en sus manos.

Y estos mueren a mi alrededor,
Porque el dolor infinito del canto
Los destruye.
Ustedes que han cantado del dolor de la horda de la tierra
….......lejana época de la cruzada,
saben algo del compás,
…....el triste y dulce y maravilloso dolor de ese canto.
Y por lo tanto saben de qué manera
Este canto tiene un poder destructor.

Sí, están a mi alrededor, llevando esta canción en homenaje
Hacia el  Movimiento de Círculos,
Muerto por el poder de su alabanza,
Y el otoño de sus alas marcescentes
Ha hecho siempre nuevo marga para mi bosque;
Y estos grises fresnos tiene dentro de ellos
Todos los secretos de las cosas
Que soñaron antes de sus alabanzas,
Y en esta arboleda mis flores,
Fruto de los poderes de la oración,
Tienen primero su pensamiento de vida
…......................Y luego su ser.

¡Sí, asómbrate de que no muera! ¡forsitan!
Pensando mi parentesco con los que no pueden llorar,
Pensándome como parte de esos que mueren por alabar
—sí, aunque sea abalando,
más allá del poder de la mortalidad del hombre para
soñar o nombrar sus fases,
—sí, a pesar de la oración y el canto
más allá del poder de la tierra habitada
alma en la que pensar,
—sí, aunque sea alabando
así como que mueren estas alas.

Me crees un insensato
…...................si muero yo también
Desde que estos mueren a mi alrededor,
Y si yo, observando
Siempre las múltiples joyas, o berilo y jasper y zafiro
Hago nuevas flores de estas oraciones de la tierra;
¡Asómbrate y deslúmbrate!
Asómbrate y deslúmbrate como yo,
Dando a la oración un nuevo idioma
Y haciendo que las palabras hablen
Del anhelo eterno de la horda de la tierra,
Incluso si yo me asombro y deslumbro, y sin saberlo,
Aún mantén mi mirada en la madera del fresno.

[1909]

Ezra Pound  (Hailey, EE UU, 1885-Venecia, Italia, 1972)
Versión de Juan Arabia

Exultations,
Buenos Aires Poetry,
Buenos Aires, 2019









Buenos Aires Poetry - UNAM - Infobae - Projet Gutenberg Ebooks - Otra Iglesia Es Imposible


Sandalphon

The angel of prayer according to the Talmud stands unmoved
among the angels of wind and fire, who die as their one song is
finished, also as he gathers the prayers they turn to flowers in his
hands.

And these about me die,
Because the pain of the infinite singing
Slayeth them.
Ye that have sung of the pain of the earth-horde's
….......age-long crusading,
Ye know somewhat the strain,
…....the sad-sweet wonder-pain of such singing.
And therefore ye know after what fashion
This singing hath power destroying.

Yea, these about me, bearing such song in homage
Unto the Mover of Circles,
Die for the might of their praising,
And the autumn of their marcescent wings
Maketh ever new loam for my forest;
And these grey ash trees hold within them
All the secrets of whatso things
They dreamed before their praises,
And in this grove my flowers,
Fruit of prayerful powers,
Have first their thought of life
…......................And then their being.

Ye marvel that I die not! forsitan!
Thinking me kin with such as may not weep,
Thinking me part of them that die for praising
—yea, tho' it be praising,
past the power of man's mortality to
dream or name its phases,
—yea, tho' it chant and paean
past the might of earth-dwelt
soul to think on,
—yea, tho' it be praising
as these the winged ones die of.

Ye think me one insensate
…...................else die I also
Sith these about me die,
And if I, watching
Ever the multiplex jewel, of beryl and jasper and sapphire
Make of these prayers of earth ever new flowers;
Marvel and wonder!
Marvel and wonder even as I,
Giving to prayer new language
And causing the works to speak
Of the earth-horde's age-lasting longing,
Even as I marvel and wonder, and know not,
Yet keep my watch in the ash wood.

 -- Ezra Pound, Exultattions, Elkin Mathews, Londres, 1909
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