lunes, marzo 02, 2015

Arthur Rimbaud / Vigilias














I

Es el reposo iluminado, ni fiebre, ni languidez, sobre el lecho o sobre el prado.
Es el amigo, ni ardiente ni débil. El amigo.
Es la amada, ni torturante ni atormentada. La amada.
El aire y el mundo no buscados. La vida.
—¿Era, pues, esto?
—Y el sueño que refresca.

II

La iluminación vuelve a la viga maestra. Desde los dos extremos de la sala, decorados cualesquiera, elevaciones armónicas se juntan. El m u r o frente al que vela es una sucesión psicológica de copas, frisos, bandas atmosféricas y accidentes geológicos. — Sueño intenso y rápido de grupos sentimentales con seres de todos los caracteres entre todas las apariencias.

III

Las lámparas y los tapices de la vigilia hacen el ruido de las olas, por la noche, a lo largo del casco y alrededor de la proa. El mar de la vigilia, como los senos de Amelia. Las tapicerías, hasta media altura, sotos de encaje tinto en esmeralda, donde se lanzan las tórtolas de la vigilia. La placa del fogón negro, soles reales de las playas-, ¡ah! pozos de magia; sola visión de la aurora, esta vez.

Arthur Rimbaud (Charleville, Francia1854- Marsella, Francia,1891), Las iluminaciones, Ediciones del Mediodía, Buenos Aires, 1968
Traducción de Cintio Vitier
Envío de Jonio González


Veillées

I

C'est le repos éclairé, ni fièvre ni langueur, sur le lit ou sur le pré.
C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami.
C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée.
L'air et le monde point cherchés. La vie.
- Etait-ce donc ceci ?
- Et le rêve fraîchit.

II

L'éclairage revient à l'arbre de bâtisse. Des deux extrémités de la salle, décors quelconques, des élévations harmoniques se joignent. La muraille en face du veilleur est une succession psychologique de coupes, de frises de bandes atmosphériques et d'accidents géologiques. - Rêve intense et rapide de groupes sentimentaux avec des êtres de tous les caractères parmi toutes les apparences.

III

Les lampes et les tapis de la veillée font le bruit des vagues, la nuit, le long de la coque et autour du steerage. La mer de la veillée, telle que les seins d'Amélie. Les tapisseries, jusqu'à mi-hauteur, des taillis de dentelle teinte d'émeraude, où se jettent les tourterelles de la veillée.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La plaque du foyer noir, de réels soleils des grèves : ah ! puits des magies ; seule vue d'aurore, cette fois.

en Arthur Rimbaud, le poète





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